Index du Forum


Le Forum garanti sans casse-pieds, avec de vrais morceaux d'intelligence dedans...

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Tout va bien Madame la marquise...

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet     Index du Forum -> Le PG Express -> La Politique intérieure, source de rigolades sans fin...
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Patrice Guyot
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 13 Oct 2007
Messages: 8 096
Localisation: Paris - Saïgon

MessagePosté le: Sam 22 Oct - 14:54 (2011)    Sujet du message: Tout va bien Madame la marquise... Répondre en citant

Le chef de l'Etat voit la crise économique et financière que traverse l'Europe comme la plaie de sa présidence, mais aussi comme une chance à saisir en vue de sa réélection. Persuadé que les Français n'en ont pas encore pris l'exacte mesure, il y consacre toute son énergie. Sens de l'intérêt général ou rouerie politique ?


Angela Merkel est partie par une porte dérobée. Elle ne s'est pas laissé photographier, mercredi 19 octobre, aux côtés de Nicolas Sarkozy, à l'issue de la cérémonie d'adieux de Jean-Claude Trichet à la Banque centrale européenne (BCE) transformée en réunion de crise de la zone euro. La chancelière en a assez des mises en scène artificielles, alors que rien n'était ficelé pour sauver l'euro.

Déjà, le 9 octobre à Berlin, Nicolas Sarkozy l'avait agacée, en exigeant d'avoir une conférence de presse en fin d'après-midi dans le hall de la chancellerie alors qu'aucun accord n'avait été scellé. Nicolas Sarkozy a insisté : il voulait forcer Angela Merkel à s'engager publiquement à trouver un accord sur le sauvetage de l'euro. Il voulait s'afficher en duo avec la chancelière le soir du premier tour de la primaire socialiste. Alors, l'Elysée et la chancellerie se sont entendus sur une brève conférence de presse. Cela suffisait pour les télévisions. Pas tout à fait. Les médias sont obnubilés par la primaire socialiste et les chaînes d'information continue, à l'exception de France 24, ne retransmettent pas en direct la brève conférence berlinoise. Nicolas Sarkozy est furieux, son conseiller chargé de la presse, Franck Louvrier, relaie le courroux présidentiel auprès des directeurs éditoriaux des chaînes concernées.

C'est toute la difficulté de Nicolas Sarkozy depuis des mois. L'Europe traverse l'une des plus graves crises économiques et financières de son histoire. Il y consacre le plus clair de son énergie, et pourtant, rien n'est mis à son crédit. La faute aux médias, pense-t-il, " qui n'ont jamais accepté mon élection en 2007 ". Il leur reproche tout. De ne pas l'aimer. De ne lui reconnaître aucune qualité. De vouloir avant tout le déstabiliser. " En dépit du mal qu'ils se sont donné, ils n'ont pas réussi à lancer un mouvement des indignés en France ", a-t-il lâché, lundi 17 octobre, devant l'ancien ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, qu'il avait convié à dîner.

Paradoxalement, la crise, pense Nicolas Sarkozy, sera la plaie de sa présidence, mais peut aussi être la chance de sa réélection. Au soir du basculement historique du Sénat à gauche, le 25 septembre, son conseiller, le politologue Patrick Buisson, issu de la droite maurassienne, prédisait " une déferlante populiste " se nourrissant des " dépouilles de l'extrême gauche ". " La seule dynamique qu'esquisse la crise, c'est une dynamique populiste ", assurait-il. Au soir du premier tour de la primaire socialiste, Patrick Buisson et Nicolas Sarkozy se sont à nouveau longuement entretenus. Arnaud Montebourg, chantre de la démondialisation, venait de glaner 450 000 voix. " Ce sera le sujet de la présidentielle ", ont aussitôt compris les deux hommes.

Nicolas Sarkozy espère être celui qui protégera les Français contre l'adversité. Ne garde-t-il pas, dans toutes les enquêtes qui soulignent son impopularité, deux ou trois qualités aux yeux de l'opinion parmi lesquelles " le courage " ? Il espère que sa force de caractère fera la différence avec son opposant jugé sans expérience, le socialiste François Hollande. Tout cela, escompte-t-il, émergera lorsque les Français comprendront la gravité de la crise. Le président s'est persuadé depuis des mois qu'une partie d'entre eux n'en n'ont pas pris la mesure et se réfugient par " naïveté " dans des " solutions ridicules ". " Il faut que les Français se réveillent, a ainsi asséné, mercredi 19 octobre, le président qui déjeunait avec des députés centristes. Ils vivent dans le monde des Bisounours en se passionnant pendant des semaines pour la primaire du PS, mais ils ne voient pas la gravité de la situation en Europe ! "


Jeudi, lors d'une visite en Mayenne, tout son discours tenait ainsi dans une description noire de la crise, censée justifier son bilan. " Je préfère de beaucoup votre mauvaise humeur devant la réforme du système de retraite, a-t-il ainsi lancé devant les ouvriers d'un centre de tri de déchets, que votre colère lorsqu'on vous dira qu'il n'y a plus d'argent pour les payer ! "

Mais le lien entre crise internationale et réformes intérieures est mal compris. " Une partie de l'opinion continue de penser que lorsqu'on s'occupe de la Grèce, on ne s'occupe pas des Français, constate son conseiller en opinion, Pierre Giacometti. Et même si on le crédite d'un certain courage, rien ne lui sera compté tant qu'il y aura un manque de visibilité sur la sortie de crise. " Le président compte engager une sorte de bataille pédagogique dont son intervention télévisée, jeudi 27 octobre, à l'issue des sommets européens qui débutent ce week-end, devrait être l'un des points culminants.

A court terme, il faut éviter le pire. Aussi le président ne veut-il avoir pour seul horizon que le sauvetage de l'Europe. " Notre destin se joue dans les dix jours ", a-t-il expliqué aux ténors de sa majorité, mardi 18 octobre. " Notre destin ", mais aussi le sien, lui qui a analysé méticuleusement les études d'opinion et constaté un relatif doute quant aux solutions que prône la gauche. Les chefs de la droite ne sont pas toujours convaincus par son pessimisme économique. Beaucoup restent persuadés que le président dramatise la situation à dessein. Tous ont déjà remarqué le dispositif de contre-attaque qu'il a mis en place et ce conseil politique composé des poids lourds de la majorité qui se réunira autour de lui tous les mardis, en fin d'après-midi. Beaucoup ont aussi vu, dans les allers et retours entre la clinique de la Muette, à Paris, où accouchait son épouse Carla Bruni, et Francfort, où se tenaient les réunions de crise sur l'euro, la spectaculaire démonstration d'un président tendu sur sa fonction.

" Moi, je le trouve très préoccupé et grave ", assure Brice Hortefeux. Grave et préoccupé, c'est aussi l'avis de Xavier Musca, secrétaire général de l'Elysée et interlocuteur privilégié des Allemands, qui mène le sauvetage de l'euro avec trois acolytes : son adjoint Emmanuel Moulin, le directeur du trésor, Ramon Fernandez, et le ministre des finances, François Baroin. " La présence de Xavier rassure Angela Merkel ", avait dit Nicolas Sarkozy en lui remettant les insignes de la Légion d'honneur, au printemps 2009. Parce qu'il est orthodoxe, parce qu'il parle le même langage que les Allemands.

Certes, Xavier Musca n'est pas germanophile et son village corse garde encore le souvenir douloureux de l'occupation nazie. Mais ce " Trichet corse ", comme le qualifie Alain Minc, conseiller du président, sait que le salut de la France réside dans son lien avec l'Allemagne. Chaque jour il en convainc le président, qu'il est désormais le seul à tutoyer à l'Elysée, avec Franck Louvrier. Il l'a connu à l'âge de 19 ans : la première femme de Nicolas Sarkozy était du même village que lui.

Xavier Musca est sans doute à l'Elysée le plus persuadé que l'Europe est au bord du gouffre. Et s'emporte lorsqu'on prétend que Nicolas Sarkozy met en scène la crise à des fins politiciennes. Depuis des mois, il s'afflige de cette crise de l'euro qu'on aurait pu résoudre si les Allemands n'avaient pas eu, pense-t-il, une approche juridique et morale du problème, en voulant punir les Grecs et respecter les traités européens. Xavier Musca est aussi celui qui traite avec les banquiers. Nicolas Sarkozy ne les reçoit plus, du moins officiellement, furieux de leur irresponsabilité.

Car il faut aussi faire avec le caractère présidentiel. Son énergie. Et parfois son exaspération peu diplomatique. Le président a compris depuis le début que l'Allemagne détenait les clés du sauvetage de l'euro et qu'il faudrait faire bouger Angela Merkel. En silence, pour ne pas être contre-productif. Hors de question de reprendre les postures flamboyantes de la présidence française de l'Union européenne de 2008. " A l'époque, la crise était plus brutale et plus nette. Tout le monde a été obligé de la prendre à bras-le-corps ", confie Henri Guaino, conseiller spécial du président, converti au couple franco-allemand. " Si on ne sauve pas le couple franco-allemand, tout saute ", assène la plume du président.

Nicolas Sarkozy a toujours ces mots vachards pour la chancelière, qu'il accuse de reprendre du fromage quand elle se dit au régime. Mais il est devenu un exégète de ses difficultés politiques intérieures. Ainsi, il a attendu patiemment que le Bundestag vote, le 29 septembre, le plan de sauvetage grec, avant de reprendre l'initiative. Cela ne va pas toujours de soi. Il peut rudoyer les partenaires de coalition d'Angela Merkel, le ministre des finances, Wolfgang Schäuble, et le ministre libéral de l'économie, Philipp Rösler. Puis, faisant fi du protocole, convier Wolfgang Schäuble à l'Elysée. Il s'est aussi découvert un autre interlocuteur à gérer avec infiniment de prudence, Jens Weidmann, l'ancien conseiller économique d'Angela Merkel devenu président de la Bundesbank, qui conteste la ligne de Jean-Claude Trichet à la tête de la BCE...

Mais Nicolas Sarkozy continue. Sans visibilité sur la crise, il multiplie les initiatives. A New York, il lance avec fracas un plan de paix pour le Proche-Orient. Contre l'avis des Européens et des Américains. Mais pendant qu'il communique sur Israël, François Baroin fait la tournée des banques américaines et s'efforce, flanqué de Xavier Musca, de rassurer la presse économique américaine.

" C'est mon devoir ", dit-il sans cesse. C'est son obsession, plutôt. Un mélange de sens de l'intérêt général et de rouerie politique qui, alors que tout le monde le croit déjà perdu, lui fait croire que les difficultés vont le doper. Nicolas Sarkozy évoque parfois avec ses conseillers le destin du chancelier Gerhard Schröder, qui tint bon sur les réformes et manqua d'un cheveu sa réélection, en 2005, battu par une certaine Angela Merkel.


Raphaëlle Bacqué et Arnaud Leparmentier

© Le Monde



_________________
Le Courrier du Vietnam ... Le Vietnam d’hier...
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Sam 22 Oct - 14:54 (2011)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet     Index du Forum -> Le PG Express -> La Politique intérieure, source de rigolades sans fin... Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Portail | Index | Panneau d’administration | creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com