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Le sexe selon Alain Korkos

 
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Patrice Guyot
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MessagePosté le: Dim 14 Déc - 01:53 (2008)    Sujet du message: Le sexe selon Alain Korkos Répondre en citant

« Vous avez vu ? L'Internet Watch Foundation, qui lutte contre les contenus obscènes sur le ouèbe grand-breton, vient de demander aux fournisseurs d'accès d'interdire la consultation d'une page Wikipedia affichant la pochette du disque Virgin Killer du groupe Scorpions. Bien que les requêtes de cet organisme n'aient aucun caractère obligatoire, les fournisseurs d'accès se sont exécutés. Tant mieux ! Halte à la pédophilie !



— Absolument. Car il est grand temps de restaurer nos valeurs morales qui se délitent depuis trop longtemps. Il faut réagir avec la plus grande fermeté, créer des comités, envoyer des pétitions. Comme dans la récente affaire Myley Cyrus.
— Moui ? Rappelez-moi les faits, s'il vous plaît.
— En avril 2008, Annie Leibovitz photographie pour le magazine Vanity Fair la jeune Myley Cyrus, actrice vedette de la série Hannah Montana diffusée par Disney Channel. Myley a quinze ans, et pose le dos nu.



— Oooh !
— Comme vous dites. Cette photo, ainsi que celles du mèquignoffe, firent le tour du ouèbe. Disney éleva une vive protestation, des ligues de vertu s'offusquèrent, Myley Cyrus et Annie Leibovitz durent s'excuser publiquement. Et ce n'était que justice ! Disney se rattrapa ainsi du laxisme dont il fit preuve en d'autres occasions. Souvenez-vous de cette double page pornographique publiée en mai 1967 par un torchon underground intitulé The Realist :



Image réalisée anonymement (à l'époque) par Wallace Wood

Disney n'entama aucune action judiciaire contre le sulfureux magazine, n'éleva pas même l'ombre d'une vague protestation. Proprement scandaleux ! Mais revenons à l'affaire Virgin Killer. Quand ce disque sortit en 1976, sa pochette souleva un tollé d'indignation, fut partiellement censurée ou remplacée par un portrait du groupe :



— Lorsque le mauvais goût s'allie à l'impudeur, il est indispensable d'intervenir avec la plus grande fermeté, n'est-ce pas ?
— Je vous demande pardon, mais les critères esthétiques n'ont en l'espèce aucune importance. Savoir si telle image est de l'art ou du cochon est une question qui ne doit pas être posée : il s'agit de morale publique, de valeurs que nous entendons protéger. C'est la raison pour laquelle il est grand temps de faire le ménage parmi cet amoncellement d'images indécentes qui s'affichent aux cimaises de nos musées. Faisons fi de leurs qualités artistiques en forme d'alibi. Brûlons ! Brûlons ! Et commençons par les clichés de Guy Bourdin, porno-photographe qui n'hésita pas à mettre en scène d'innocentes enfants :




Photographie de Guy Bourdin

Dans le même ordre d'idée, calcinons également ceux de Lewis Carroll, dont l'attirance pour les petites filles n'est un secret pour personne :




Edith, Lorina et Alice Liddell, 1859




Xie Kitchin endormie, 1872




Alice Liddell en petite mendiante, non daté

— Je l'aime bien, moi, la petite Alice…
— Ah ! Faisons comme si je ne vous avais pas entendu et livrons aux flammes de l'Enfer la Maja dévêtue de Goya…



La Maja dévêtue par Francisco de Goya, 1799-1800

… l'Olympia de Manet…




> Cliquez sur l'image pour un gros plan <
Olympia par Edouard Manet, 1863

l'Origine du monde de Courbet ! Brûlons ! Brûlons !



L'Origine du monde par Gustave Courbet, 1866

— Vous avez raison, brûlons ! Brûlons !
— Brûlons également toutes ces peintures qui, prenant la mythologie comme prétexte, propagent des visions de stupre et de fornication.



Vénus, Cupidon et le Temps par Agnolo Bronzino, 1540-1545



Léda et le cygne par Léonard de Vinci, 1510-1515

— Vraiment ? J'avoue que là, j'ai du mal à vous suivre. Si je suis d'accord pour que nous détruisions les infamantes peintures de Goya, Manet, Courbet, et même Agnolo Bronzino (quoique…), je ne saisis pas votre hargne envers Léonard de Vinci. Quand même ! Léonard de Vinci ! La Joconde !
— Un pervers itou, vous dis-je. Qui, non content de peindre des garçonnets exhibant leur petit robinet, nous expose une Léda enserrant un cygne dont le plumage ne nous abusera pas plus longtemps.
— Qu'entendez-vous par là ?
— J'entends par là que Léda et le cygne est un thème maintes fois traité dans la peinture classique, et pas seulement aux buts de satisfaire les hellénistes ornithologues. En voici deux exemples parmi tant d'autres :



Léda et le cygne par Le Corrège, 1530



Léda et le cygne, attribué (avec force doutes) à Michel-Ange, 1529-1530

Et si vous n'avez pas encore compris, en voici un autre plus explicite :



Léda et le cygne, attribué à François Boucher, vers 1740

— Ah mon Dieu ! Quel…Quel coup de pinceau !
— Comme vous dites. Si cette dernière ne laisse aucun doute, elles sont nombreuses, les peintures qui dissimulent ce dont elles parlent. Des représentations sournoises, vicieuses, qui se travestissent sous différents atours. Regardez celle-ci, de Piero di Cosimo :



Vénus, Mars et Cupidon par Piero di Cosimo, 1490

Il s'agit de la parodie, exécutée en 1483, d'un Mars et Vénus de Botticelli. Une image que nous devrons brûler, elle aussi. Mais examinons celle de Cosimo : Mars et Vénus ont forniqué sous les auspices de Cupidon. Harassé, le dieu de la guerre s'est assoupi. Son sexe, figuré ici par son avant-bras, sa main et le bras de son armure, sont recourbés. Au repos.



Vénus, elle, n'est pas rassasiée et apprécierait que Mars se ressaisisse. C'est ce que nous signifie le lapin, dont le museau touche les doigts de Cupidon.



— Le lapin ? Vous confondez avec Lewis Carroll !

— Que nenni. En latin, "lapin" se dit cuniculus et fait penser à cunnus, le sexe féminin. Si le mot existait, cunnusculus signifierait "petit sexe féminin". Sauf que le lapin de ce tableau est d'une taille respectable qui nous renseigne sur les appétits de la déesse ! Cunnus donnera "con" en français, tandis que cuniculus donnera "connil" et "connin", anciens noms du lapin.

— Vous exagérez un peu, non ? Vous coupez les cheveux en douze, comme à votre habitude. Vous pinaillez, opérez des rapprochements hasardeux n'ayant d'autre but que de servir vos thèses fumeuses. C'est assez, je ne vous écoute plus. Au revoir, Monsieur.

— Ma démonstration ne vous a pas convaincu ? Il existe dependant d'autres indices qui viennent confirmer cette interprétation communément admise. Je ne vous en révélerai qu'un, le plus évident : regardez ces Amours en arrière-plan qui s'amusent avec les attributs guerriers de Mars. Et observez la forme du rocher… un tantinet turgescent.



— Ah foutredieu !
— Je ne vous le fais pas dire. Mais calmez-vous, Monsieur. Désirez-vous une verveine menthe ? Ensuite, nous nous pencherons sur la peinture religieuse. Car là aussi se dissimulent de sombres desseins ! Commençons par mettre au feu tous ces saints Sébastien qui se tordent de plaisir alors qu'une multitude de flèches les pénètrent :



Saint Sébastien par Andrea Mantegna, 1457-1458

— Je ne comprends pas…

— Demandez-vous pourquoi saint Sébastien est une icône gay. Et si aucune lumière ne s'allume dans les pièces arrières de votre esprit, contemplez la version photographique de Pierre et Gilles :




— Mazette…
— Observez maintenant cette Vierge Marie dépoitraillée (le portrait d'Agnès Sorel en vérité), à propos de laquelle l'historien d'art Johan Huizinga évoqua un "parfum d'audace blasphématoire" :



La Vierge entourée de saints et de chérubins par Jean Fouquet, 1450

… sans parler de ces Adam et Eve des frères Van Eyck, dont l'inconvenante pilosité choqua tant les bonnes âmes…



Deux des volets du retable de l'Agneau mystique par Jan et Hubert Van Eyck, vers 1432

… qu'on remplaça, au XIXème siècle, ces panneaux par des copies plus convenables :




— Vous avez raison. Brûlons ! Brûlons ! Et quand nous en aurons fini avec ce ramassis de turpitudes, nous pourrons nous abîmer en saine contemplation devant des natures mortes ou des intérieurs hollandais, tout en sirotant un Earl Grey que je préfère à la verveine menthe, soit dit sans vous froisser.

— Hélas ! Hélas, mon ami ! Soyons également en ce domaine d'une extrême vigilance, car là aussi s'est glissé l'esprit du Malin. Ces légumes, par exemple, ne sont pas du tout innocents :



Asperges par Adriaen Coorte, 1697

— J'aime bien les asperges. Vous exagérez, encore une fois.
— Admettons. Que pensez-vous, alors, de cette peinture de Vermeer ?



La lettre par Johannes Vermeer, 1595

— Je la trouve, ma foi, fort plaisante.

— Naïf que vous êtes ! Une servante apporte une lettre à sa maîtresse. Une demande de rendez-vous, probablement. Derrière elles, une peinture de marine. Dans la Hollande du XVIème siècle, l'image de la mer symbolise l'amour. Le luth, lui, est connu pour être un instrument qui, quand on pince l'une de ses cordes, fait résonner tout autre luth à proximité. Il symbolise donc le couple, l'union.

— Comme c'est charmant.

— Attendez. Sur le pas de la porte, nous apercevons un balai et des pantoufles. En ces temps et en ces lieux, l'expression "se marier par-dessus le balai" signifiait "avoir une relation hors mariage". Les femmes perdues, elles, portaient le sobriquet de "vieilles pantoufles". Un tableau de Van Hoogstraten, intitulé les Pantoufles, traite également ce sujet. Et un autre encore, qui a pour titre le Couloir et qui se présente de prime abord comme un brillant exercice de perspective, enfonce encore une fois le clou :



Le Couloir par Samuel Van Hoogstraten, 1662

Que voyons-nous ? Une femme recevant un homme, dont on aperçoit le reflet dans un miroir. Un chat (dois-je vous expliquer ?), un chien à l'air contrit qui nous prend à témoin (le chien est symbole de la fidélité conjugale), une lettre à terre (la même que chez Vermeer), un identique balai, une clé fixée à l'extrême droite sur une colonne (la clé et la serrure furent maintes fois employées par les peintres hollandais ; dois-je là aussi vous expliquer ?) et enfin un perroquet, symbole de luxure. Ces deux jolies scènes peintes par Vermeer et Van Hoogstraten nous montrent donc, en vérité, des relations adultères. Les Bataves ne furent pas avares en peintures aux connotations sexuelles plus ou moins discrètes. Il en existe des quantités, plus perverses les unes que les autres. Méfions-nous de ce que nous regardons !

— Vos paroles sont pleines de sagesse. Pour plus de sécurité, brûlons la peinture hollandaise. Et l'italienne et la française, et l'espagnole et l'allemande. Brûlons tout. Toute la peinture, d'où qu'elle provienne. Sauf cette délicate oeuvrette de Jean-Baptiste Greuze, que j'adore et dont une reproduction encadrée est accrochée dans ma chambre en face de mon lit :



La Cruche cassée par Jean-Baptiste Greuze, 1785

— Ah ! vous voilà démasqué, sinistre personnage ! Vous n'êtes finalement, sous le fin vernis de la respectabilité, qu'un ignoble pédophile !

— Mais ! Monsieur ! Comment osez-vous ?

— J'ose prétendre que vous ne pouvez ignorer la signification de cette oeuvre, qui présente quelque ressemblance avec la Virgin Killer de Scorpions. Cette jeune fille, que dis-je, cette enfant a le sein gauche apparent ; son téton fait écho à une fleur fixée à son corsage, signe de virginité. Mais la cruche nous dit le contraire : de même que les récipients de verre représentent la virginité de Marie dans les peintures du XVème siècle, la cruche symbolise un hymen intact. Sauf qu'ici, elle est cassée, transpercée, la cruche. Cette enfant a fauté. Sûrement volontairement, si l'on en croit son visage serein. Serein mais coupable ! Et pour bien nous signifier par où elle a péché, ses mains enserrent un tissu. Regardez la position de ses doigts, regardez bien les plis. Cette subtilité graphique se retrouve chez Botticelli, Fragonard, Courbet, et Greuze lui-même l'utilisa plusieurs fois. Ne me dites pas que cela vous a échappé, Monsieur, alors que vous reluquiez cette abomination du fond de votre lit à la nuit tombée. Faites pénitence, venez avec moi au Louvre, allons taillader à grands coups de lame vengeresse cette ode à la fornication pré-pubère !

— Je crains que ce geste ne soit pas tout à fait adapté à la situation.

— Vous redoutez les gardiens ?

— Certes non. Mais je m'interroge, car je viens d'apprendre que l'Internet Watch Foundation a renoncé, en date du 10 décembre 2008, à ses recommandations concernant la page de la Wikipedia consacrée à Virgin Killer. Elle serait de nouveau visible. Auriez-vous son adresse ? »



Liens
L'article de la Wikipedia (en langage grand-breton) traitant de la couverture Virgin Killer.

L'article de la Wikipedia (en langage grand-breton) traitant de la controverse à propos de la photo de Cyrus Myley par Annie Leibovitz.

Par Alain Korkos le 13/12/2008
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MessagePosté le: Dim 14 Déc - 01:53 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Patrice Guyot
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Inscrit le: 13 Oct 2007
Messages: 8 096
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MessagePosté le: Dim 14 Déc - 17:52 (2008)    Sujet du message: Le sexe selon Alain Korkos Répondre en citant

Je travaille une réponse...

La voici :


Ah ! foutrechaud !

Quelle belle chronique,

Il me semble aussi qu’après avoir éradiqué l’alcool, le tabac, la vitesse… Il est grand temps de s’en prendre au sexe qui est la lamentable – et fort dangereuse – école de la liberté…

De toute éternité les pouvoirs dictatoriaux et guerriers (pardon pour le pléonasme) ont combattu le sexe : rien de plus indiscipliné et de moins belliqueux qu’un amoureux !

Pour compléter votre merveilleuse - et très érudite – iconographie, voici un Titien :



Vénus, l’amour et la musique (Madrid, Musée du Prado)

… Commenté par André Pieyre de Mandiargues dans le sublime (mais probablement bien difficile à trouver aujourd'hui) "Bona l’amour et la peinture" édité par Albert Skira dans les Sentiers de la Création en 1971…



Pour ceux qui ne connaîtraient pas Mandiargues, hobereau Picard apparenté aux surréalistes et érotomane avéré, il écrivit quelques pures merveilles dont beaucoup doivent être brûlées pour obscénité : “La Motocyclette”, par exemple, roman dans lequel il décrit avec une ignoble complaisance comment une jeune mariée rejoint son amant au guidon de la Harley Davidson que ce gredin lui a fait livrer en guise de cadeau de mariage. Inutile de dire combien l’écrivain se régale à décrire la belle motocycliste, nue sous sa combinaison de cuir et éprouvant le fourmillement des vibrations du moteur au creux du ventre…

Livre magnifique à mon goût, mais qui doit à l’évidence subir l’autodafé salvateur destiné à sauver notre brillante civilisation de la luxure, en compagnie de l’ouvrage plus brutalement sadien “L’Anglais décrit dans le château fermé” (Gallimard 1979), du même Mandiargues visiblement possédé par le diable, dommage qu’il soit déjà mort : sa combustion publique aurait été édifiante pour les lubriques manants qui en auraient eu vent, et davantage encore pour ceux qui auraient eu le privilège d’y assister…

Allez, Fahrenheit 451, et servez chaud !

***
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