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ASI se lance dans la littérature...

 
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Patrice Guyot
Administrateur

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Inscrit le: 13 Oct 2007
Messages: 8 096
Localisation: Paris - Saïgon

MessagePosté le: Dim 4 Jan - 16:31 (2009)    Sujet du message: ASI se lance dans la littérature... Répondre en citant

Est-il possible de réaliser une critique littéraire sur un plateau ? Y a-t-il un entre-deux entre le cirage de pompes d'un auteur médiocre, mais connu, et le canardage systématique ? Quelle place pour la littérature dans la paysage audiovisuel français ? Et sur internet ? 
Pour tenter de répondre à ces questions, @si reçoit Eric Naulleau, éditeur, essayiste, chroniqueur dans "On n'est pas couché" (F2), et Frédéric Ferney, journaliste et animateur de "Droits d'auteur", puis du "Bateau Livre", entre 1996 et 2008 sur France 5. Ils sont accompagnés de notre chroniqueuse Judith Bernard et de notre journaliste Dan Israel. 
L'émission est animée par Daniel Schneidermann, et déco-réalisée par François Rose.
La vidéo dure 61 minutes.
Acte 1 - Comment devient-on méchant à la télé ?

Qui êtes-vous Eric Naulleau ? Un éditeur (L'Esprit des péninsules et Balland), un traducteur de littérature bulgare, un essayiste (il vient de sortir une version actualisée du "Jourde et Naulleau", un Précis de littérature du XXIe siècle, coécrit avec Pierre Jourde). Et un as du dézingage de livres à la télévision. Deux mondes étrangers.

Repéré en 2005 par Laurent Ruquier, alors qu'il défendait son pamphlet Au secours, Houellebecq revient, Naulleau a "mis un pied dans la télévision, puis deux". Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il maîtrise aujourd'hui l'art de la critique à la mitrailleuse, qu'il soit face à l'écrivain Patrick Besson, le politique Daniel Cohn-Bendit ou l'avocat du grand banditisme Karim Achoui.
"Je crois que c'est un clown blanc, analyse Ferney. Celui qui a une grande bouche et qui fait pleurer les enfants. Quelqu'un qui fait profession de méchanceté." Judith estime que "c'est un rôle assez vertueux d'incarner une forme d'exigence sur un plateau", même si elle regrette le côté "jeux du cirque" du dispositif d'"On n'est pas couché", qui gêne le débat.

Pourtant, Naulleau "conteste formellement le mot de méchanceté". Il décrit ses agressions comme des "ruptures du protocole" de la télévision : "Dans une émission de divertissement, vous n'êtes pas là pour discuter du fond d'un livre", mais pour "sanctifier les lois du marché, c'est-à-dire la promotion".
Et il espère contrarier ces lois du marché







Acte 2 -
Dézingueur contre pros du blablatage
Daniel le rappelle : même s'il ne l'a jamais dit explicitement à Naulleau, "ce qui intéresse Ruquier, c'est qu'il y ait du clash" dans son émission. "Ca ne doit pas déplaire", concède le chroniqueur. Mais il assume, en assurant que "si vous laissez des professionnels du blablatage comme Erik Orsenna ou BHL faire leur numéro, rien ne va sortir de l'émission. Si vous ne les bousculez pas d'entrée de jeu, il ne se passe rien."
Ferney est loin d'être d'accord. Lui qui a reçu des centaines d'écrivains dans son émission, au ton toujours policé et compréhensif, il estime "avoir réussi à tirer des choses" d'Orsenna, ou de BHL. "C'est le boulot du journaliste, quand même !"  "Si tu veux aller chercher un écrivain, il faut d'abord le mettre un peu en confiance..."
Et le Bateau livre, qu'en pense Naulleau ? "C'était l'idéal. On était dans le pur et dur, on parlait des textes, rien que des textes. C'est ce que je veux quand je regarde une émission littéraire."

Judith tente une réconciliation, puisqu'elle estime que du feu roulant des critiques de Naulleau peuvent naître des débuts de questionnement littéraire... Même lorsqu'il s'en prend violemment à Laurence Boccolini, qui a d'ailleurs tenu le rôle de "sniper" chez Ruquier dans les années 1990, dans "Rien à cirer" sur France Inter, puis sur France 2.
Mais le surgissement des larmes n'efface-t-il pas tout débat ?




Acte 3 - Dans le monde étouffant de Saint-Germain-des-Prés
Naulleau en est certain. Depuis qu'il joue les canardeurs dans "On n'est pas couché", les livres dont il est l'éditeur sont accueillis avec moins de bienveillance par les critiques littéraires. 
Naulleau contre un certain establishment littéraire: l'opposition a été illustrée par un vif accrochage avec Pierre Bergé, le 11 décembre sur France 5. En surface, le téléspectateur n'aura vu qu'une attaque de Bergé, co-fondateur de la maison de couture Yves Saint-Laurent, contre les moqueries de Naulleau à l'encontre des écrivains français contemporains.
Mais il y a un sous-texte : Bergé est un ami de BHL, de Philippe Sollers et de l'ancienne patronne du Monde des livres Josyane Savigneau. Sujet d'un précédent texte de Naulleau, Petit déjeuner chez tyrannie, ce "triangle des Bermudes" (dixit l'auteur) a longtemps fait la pluie et le beau temps sur Saint-Germain-des-Prés. 
Ferney peine à comprendre l'intérêt de ce sous-texte : "Ca n'a rien à voir avec la critique littéraire, c'est de la sociologie !", et puis "C'est vieux comme le monde !" Ne manquez pas son imitation de Jean Daniel, fondateur du Nouvel Obs, lorsqu'il lui demandait de chroniquer les œuvres d'"un ami".
Ne loupez pas non plus le magnifique lapsus de Naulleau : "A la rentrée, j'ai édité trois Français et un écrivain"




Acte 4 - Le dézingueur critiqué
Judith Bernard a lu le "Jourde & Naulleau", et elle  juge qu'on ne peut pas mettre dans le même panier Anna Gavalda, Marc Lévy et Florian Zeller d'un côté, et Christine Angot, Camille Laurens et Marie Darrieussecq de l'autre. "Vous avez tendance à ériger votre goût en valeur absolue, alors que vos arguments sont très faibles."
Frédéric Ferney rejoint notre chroniqueuse: "Tu ne peux pas me dire qu'Angot n'est pas un écrivain, mais tu as le droit de dire : "ça me gonfle". Alors, Angot ? " Pour Naulleau, "c'est un écrivain faible". Mais il est bien en peine de définir les critères qui lui font dire qu'un écrivain est bon ou non... Il se rattrape en invoquant la dimension "pamphlétaire" et "parodique" de son Précis de littérature et en revendique la mauvaise foi.
On s'éloigne un instant des médias pour plonger dans le débat littéraire



Acte 5 -  "Peut-être que maintenant, je me sens plus libre" (Ferney)
Naulleau n'aime pas internet. C'est en tout cas ce qu'il a balancé au visage d'Eric Besson, secrétaire d'Etat au développement de l'économie numérique. Il a notamment attaqué le piratage de films et les forums de discussion, lieux de "régression orthographique, syntaxique et morale". Sur notre plateau, il persiste : "Je ne reçois plus un courriel sans que cela soit truffé de fautes d'orthographe, il y a une régression totale !"

Et Ferney ? Il vient d'ouvrir un blog. Pourquoi ? "Je m'interroge beaucoup sur l'avenir du service public de la télévision, et je ne crois plus trop à l'avenir de la presse écrite, confesse-t-il. J'attends une relation plus immédiate avec les gens qui me lisent."
Pour Daniel, internet c'est aussi "la tentative de rompre une certaine connivence" entre journalistes et milieu politique, ou littéraire. "C'est moins mon truc", reconnaît Ferney. Qui ne s'embarrasse pourtant pas de gants pour dire tout le mal qu'il pense du style dans lequel est écrit le "Jourde & Naulleau" : "Disons que ce n'est pas le livre le plus littéraire de l'année."
Voilà qui ébahit Daniel : "Je ne vous ai jamais entendu parler comme ça sur France 5 !" Et Ferney s'amuse de son audace : "C'est vrai que je ne l'aurais pas dit comme ça dans le Bateau-Livre. La pire censure, c'est l'auto-censure, et peut-être que maintenant, je me sens plus libre..."
Sentez le vent de la liberté souffler !







Par Patrice Guyot
Deux dindes de concours, élevées au grain...


Quelle émission passionnante !

Et quelle excellente occasion de dire du mal de quelques vermines, comme l'écrirait Marc-Édouard Nabe !

Etant Bessonien (Patrick, bien entendu… Pas Eric, la caricature du traître d’opéra !) je ne suis naturellement pas favorable à Naulleau, et cependant ses dézingages sont souvent pertinents, intéressants dans le ronron médiatique consensuel et mou.

Commençons avec deux dindes de concours, élevées au grain :

"Comme c'est triste de renoncer en un jour à être aimé. Comme c'est triste d'être écrivain, comme c'est triste d'écrire des livres, comme c'est triste de croire qu'on va être compris. Comme c'est triste d'être aimé des faibles."

Christine Angot - Quitter la ville

Comme c’est triste de lire Angot ! Je préconise l’abstention…

"Dès qu'il y a une femme qui parle c'est contagieux, toutes elles parlent pareil."

Christine Angot - Quitter la ville

Heureusement qu’elles ne parlent pas toutes comme elle !

Angot représenterait parfaitement “Le Degré zéro de l’écriture”, si seulement elle avait lu Barthes dont elle ignore jusqu’à l’existence…

"Les meilleures méthodes pour rendre compte restent à inventer."

Marie Darrieussecq - Bref séjour chez les vivants

Visiblement c’est pas gagné !

"Le poète épouse la nature, et la nature lui offre ses fruits, qu'il met en mots."

Marie Darrieussecq - Le pays

Ronsard enfonçé !

BHL… Cet homme n’a d’intérêt que pour la mauvaise grâce avec laquelle il accepte de jouer le rôle de piste d’atterrissage pour les tartes à la crème que lui adresse obstinément Georges Le Gloupier, spécialiste de l’attentat pâtissier. On attend toujours que ce cuistre se décide à chanter à la télévision “Il est beau le chapeau de Zozo”, condition sine qua non pour l’interruption d’une très longue série d’entartages !

Solers, l’homme qui n’a écrit qu’un seul bon livre, le premier (Une curieuse solitude) et qui vit dessus depuis plus de 50 ans, grand copain de Bergé le mafieux acrimonieux…

Houellebecq, l’homme qui écrit avec ses pieds parce que ses mains sont trop occupées… L’homme qui se limite aux pastiches ratés (Le Meilleur des Mondes, SAS…)

Exemple : “ De nos jours tout le monde a forcément, à un moment ou à un autre de sa vie, l'impression d'être un raté.”

S’il était lucide c’est une impression qu’il devrait avoir à plein temps !

Ceux qui aiment les pastiches auraient intérêt à lire "Pastiches et Mélanges" de Proust, c'est d'un autre niveau...

Breillat, même combat ! Star frelatée du porno prétendu intellectuel et de l’art bidon en général…

Boccolini, c’est un écrivain, ou un légume ?

Et pour finir un petit manteau pour l’hiver destiné à Naulleau et tricoté soigneusement par Patrick Besson :

Descriptif

DE PATRICK BESSON

21/11/2008 - Le Figaro.

Surprise : samedi soir, sur France 2, je retrouve Eric Naulleau dans l'émission de Laurent Ruquier, « On n'est pas couchés ». Le chroniqueur télé, depuis les grandes vacances, n'a pas changé : il est toujours abracadabrantesque, abrutissant, affligeant, angoissé, artificiel, bébête, bobo, boudeur, boy-scout, brutal, caractériel, cavalier, courbe, creux, cuistre, dégoûté, déprimant, désinvolte, douteux, énervant, ergoteur, errant, erroné, étroit, faiblard, fat, fielleux, foufou, furieux, gêné, gesticulateur, gobeur, goguenard, gugusse, hâbleur, harceleur, hâtif, hâve, houleux, inconnu, inconsistant, inique, interminable, irascible, jacteur, jeunet, jobard, jouisseur, jovial. Dans notre langue, il y a peu d'adjectifs commençant par un « k », je suis donc obligé d'avoir recours au serbe : kretin. Avant de passer aux autres qualificatifs concernant Naulleau : larmoyant, lénifiant, liquide, lourd, luisant, médiocre, méprisant, mortifère, mou, mystifié, nargué, négatif, neuneu, nuisible, nul, obséquieux, obsolète, obtus, omniscient, opprimé, partial, perdu, péremptoire, porc-épic, prétentieux, quémandeur, querelleur, questionneur, quinteux, quitté, rasoir, raté, retors, ridicule, rustre, satisfait, solitaire, sournois, suffisant, susceptible, terrorisé, tortueux, tragique, triste, trouble, ubiquitaire, ubuesque, utérin, utilitaire, vague, vieux, violent, vipérin, vomitif et ainsi de suite jusqu'à « z » comme Zébulon. Les adjectifs sont par ordre alphabétique car je n'en ai pas trouvé, chez Naulleau, d'autres.

Patrick Besson n’est pas un écrivain moyen, c’est l’un des meilleurs de notre époque, incontestablement !

Plus de critères pour identifier ce que c’est qu’un écrivain ? C’est grave cette perte de repères… Tout serait-il dans tout, et réciproquement ? Tout se vaudrait-il ?

Quel est le rôle de la critique, quelle est sa légitimité, sur quels critères peut-elle s’appuyer ? Des éléments objectifs, du subjectif (mon goût) un mélange des deux, mais à quelles doses ?

Qui a lu “Contre Sainte-Beuve” de Marcel Proust qui s’élève contre la méthode de Sainte Beuve consistant à partir de la vie de l’écrivain pour expliquer son oeuvre ?

Il est indispensable d’être cultivé pour critiquer, par exemple il est utile de connaître cette phrase prémonitoire de L.-F. Céline :

“ La merde a de l'avenir. Vous verrez qu'un jour on en fera des discours.”


Et pendant que nous y sommes deux phrases du “Voyage au bout de la nuit” :

“C'est peut-être cela qu'on cherche à travers la vie, rien que cela, le plus grand chagrin possible pour devenir soi-même avant de mourir.”

“Il n'y a pas de vanité intelligente.”


Ensuite on a le droit de considérer qu’Angot comparé à Céline c’est d’une nullité affligeante, sur le fond, sur le style, sur la forme. Et de le dire !

Judith qui rejoint Bergé ? Je rêve ! Angot qui élabore une oeuvre ? Je ne le crois pas ! Une voix Angot… Un monologue du vagin, tout au plus !

Et ce pauvre Naulleau, macho ? Nous voilà au bord du Point Godwin, pratiquement, (comme l’a remarqué ce bon Eric en précisant qu’il n’allait pas tarder à se faire traiter de nazi…) du moins dans l’art d’éliminer l’adversaire à bon marché, sans avoir à expliquer en quoi il est nul…

C’est un peu dommage… Parce qu’il y aurait eu de vraies questions à poser à Eric Naulleau !

***
_________________
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MessagePosté le: Dim 4 Jan - 16:31 (2009)    Sujet du message: Publicité

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